Plateforme de création d'entreprise en ligne française : comment choisir et les étapes légales obligatoires en 2026
Publié le 2026-08-13 · mis à jour le 2026-08-13
En bref : créer une entreprise en France passe obligatoirement par le guichet unique de l’INPI depuis le 1er janvier 2023, quelle que soit l’activité. Les formalités diffèrent radicalement selon le statut choisi : une déclaration gratuite et sans statuts pour une micro-entreprise, contre statuts rédigés, capital déposé, annonce légale et déclaration des bénéficiaires effectifs pour une société (SASU, SARL, SAS, EURL). Une plateforme de création en ligne accompagne ce dossier, elle ne remplace pas les frais légaux ni le guichet unique lui-même.
Le guichet unique de l’INPI, passage obligatoire depuis 2023
Depuis le 1er janvier 2023, instauré par la loi PACTE, le guichet unique des formalités d’entreprises (procedures.inpi.fr) est l’unique plateforme pour toute démarche administrative liée à une entreprise en France : demande d’immatriculation, modification de données, cessation d’activité, dépôt de comptes annuels. Il remplace les six anciens réseaux de centres de formalités des entreprises (CFE) qui coexistaient depuis les années 1980, et concerne toutes les activités : commerciale, artisanale, agricole ou libérale.
Toutes les démarches réalisées sur le guichet unique alimentent directement le Registre National des Entreprises (RNE), qui fusionne les anciens registres sectoriels en un seul registre dématérialisé et consultable gratuitement. L’accès au guichet unique lui-même est gratuit ; ce sont les formalités qui déclenchent des frais (greffe, annonce légale), pas la plateforme.
Micro-entreprise ou société : deux parcours de création très différents
Le point de départ pour choisir un outil ou un accompagnement, c’est le statut juridique visé. Les démarches n’ont rien de comparable.
Entreprise individuelle et micro-entreprise. Selon Entreprendre.Service-Public.fr, la création et la gestion d’une entreprise individuelle présentent moins de contraintes qu’une société : pas de rédaction de statuts, pas de capital social à constituer. Une simple déclaration de début d’activité sur le guichet unique suffit, et cette déclaration est gratuite dans le cas général (les activités nécessitant une immatriculation payante spécifique, comme les agents commerciaux au RSAC, restent une exception). Une personne ne peut détenir qu’une seule entreprise individuelle à la fois.
Société (SASU, SARL, SAS, EURL). La création d’une société suit un parcours plus long : rédaction des statuts, dépôt du capital, nomination du dirigeant, publication d’une annonce légale, puis dépôt du dossier au guichet unique. Le détail de ces étapes est développé plus bas.
À retenir
- Micro-entreprise : ni statuts ni capital social, simple déclaration gratuite sur le guichet unique.
- Société : statuts, dépôt de capital, annonce légale et immatriculation obligatoires, avec des frais incompressibles même en autonomie.
- Le guichet unique de l’INPI est la seule voie légale d’immatriculation depuis 2023, qu’un accompagnement payant soit utilisé ou non.
Les étapes obligatoires pour immatriculer une société
D’après Entreprendre.Service-Public.fr et le détail des formalités d’immatriculation, la constitution d’une société suit un enchaînement précis :
- Choix du statut juridique, chaque forme (SASU, SARL, SAS, EURL, SA, SCI) ayant son propre régime social et fiscal.
- Rédaction et signature des statuts par les associés ou l’associé unique. Les statuts fixent la dénomination sociale, la forme juridique, le siège social, l’objet, la durée de la société (99 ans maximum), le montant du capital et les apports de chacun, ainsi que les règles de prise de décision. Un apport en nature (bien, immeuble) impose le recours à un notaire pour cette rédaction.
- Dépôt du capital social sur un compte bancaire bloqué, débloqué une fois l’immatriculation confirmée.
- Nomination du ou des dirigeants, actée dans les statuts ou par un acte séparé.
- Publication d’un avis de constitution dans un support habilité à recevoir des annonces légales.
- Dépôt du dossier complet sur le guichet unique de l’INPI : statuts signés, justificatif de siège social, attestation de dépôt des fonds, justificatif de publication de l’annonce légale, pièces d’identité et déclaration de non-condamnation des dirigeants.
Le dépôt déclenche l’immatriculation automatique au Registre du Commerce et des Sociétés et au Registre National des Entreprises. En attendant la confirmation, un récépissé de dépôt de dossier de création d’entreprise (RDDCE) est délivré, valable un mois maximum.
Combien coûte la création d’une société en 2026 ?
Au-delà de l’accompagnement éventuel d’une plateforme ou d’un professionnel, des frais légaux restent dus dans tous les cas. Selon Entreprendre.Service-Public.fr, les frais de greffe s’élèvent à 33,83 € pour une société commerciale (60,38 € pour une société civile), auxquels s’ajoutent 19,33 € pour la déclaration des bénéficiaires effectifs, et le coût de la publication de l’annonce légale, variable selon la forme juridique et le support choisi.
Sur le capital social, l’article L223-2 du Code de commerce pose le principe pour la SARL : le montant du capital est fixé librement par les statuts, sans plancher légal, un capital symbolique à partir de 1 euro est donc possible. Le même principe s’applique à la SASU et à la SAS. Ce capital n’est pas un frais, c’est une mise de fonds qui reste la propriété de la société, mais un montant trop faible peut freiner l’accès au crédit bancaire par la suite.
Ce que fait (et ne fait pas) une plateforme de création d’entreprise en ligne
Une plateforme comme LegalPlace ou Legalstart prépare le dossier (questionnaire, génération des statuts, choix du statut juridique conseillé), puis dépose le dossier pour le compte du créateur sur le guichet unique. Elle ne remplace ni le guichet unique lui-même, seul organisme habilité à immatriculer, ni les frais légaux obligatoires détaillés plus haut : greffe, annonce légale, bénéficiaires effectifs. Le tarif affiché “à partir de 0 €” par plusieurs éditeurs concerne uniquement leurs honoraires d’accompagnement, pas ces frais incompressibles.
Quels critères de choix, au-delà du prix d’appel ?
Quatre points à vérifier avant de choisir une plateforme :
- Le coût total réel, frais légaux inclus, pas seulement le prix d’appel affiché en avant vitrine. Un formaliste dédié ou un accompagnement personnalisé se paie généralement en supplément.
- La nature de l’accompagnement : questionnaire automatisé seul, ou suivi par un formaliste humain joignable en cas de blocage.
- La gamme de services après la création : comptabilité déléguée, domiciliation, compte professionnel, gestion des modifications de statuts. Utile pour éviter de multiplier les prestataires dans les mois qui suivent l’immatriculation.
- La localisation de l’hébergement des données, un critère de transparence à vérifier fiche par fiche, certains éditeurs ne communiquant pas ce détail publiquement.
Plateformes de création d’entreprise françaises déjà vérifiées
Deux plateformes de création d’entreprise figurent parmi nos fiches vérifiées :
| Éditeur | Positionnement | Tarif création à partir de | Hébergement |
|---|---|---|---|
| LegalPlace | Création tous statuts (SASU, SAS, SARL, EURL, SCI, micro-entreprise), gamme large (comptabilité, domiciliation, compte pro) | 0 € HT hors frais légaux (coût réel constaté par des tests indépendants : 450 à 600 € TTC frais légaux inclus) | France (siège Nanterre), localisation technique des serveurs non communiquée publiquement |
| Legalstart | Création d’entreprise et services juridiques, tarification à l’acte | 0 € à partir de, tarification à l’acte | Union européenne (clusters AWS), hébergeur technique Heroku Inc. |
À noter : Legalstart a été racheté par LegalPlace en mai 2026, à la faveur d’une levée de 70 M€ (Eurazeo, XAnge, Move Capital), une consolidation restée 100 % française. Le groupe combiné revendique près de 20 % des créations de sociétés en France.
D’autres legaltechs françaises généralistes du catalogue proposent la création d’entreprise en service secondaire, en complément d’une offre principale centrée sur les contrats et le conseil juridique : Captain Contrat (groupe Implid) et LegaLife, l’une des premières legaltechs françaises, fondée en 2012.
Les erreurs fréquentes à éviter
Confondre le tarif d’accompagnement affiché et le coût total. Un “0 € à partir de” concerne les honoraires de la plateforme, jamais les frais de greffe, l’annonce légale ni la déclaration des bénéficiaires effectifs, qui restent dus dans tous les cas. Sous-estimer le choix du statut juridique en amont. Une plateforme aide à remplir un dossier, elle ne remplace pas une réflexion sur le régime fiscal et social le plus adapté au projet, en particulier entre micro-entreprise et société. Négliger le dépôt de capital et son déblocage. Le compte reste bloqué jusqu’à la confirmation d’immatriculation, un délai à anticiper si l’activité doit démarrer rapidement.
Pour comparer les plateformes de création d’entreprise françaises fiche par fiche, tarifs et hébergement constatés à l’appui, direction la catégorie Création d’entreprise.
Questions fréquentes
Le guichet unique de l'INPI est-il obligatoire pour créer son entreprise en France en 2026 ?
Oui. Depuis le 1er janvier 2023 (loi PACTE), procedures.inpi.fr est l'unique plateforme pour toute formalité d'entreprise en France : création, modification, cessation d'activité, dépôt de comptes annuels, quelle que soit l'activité (commerciale, artisanale, agricole ou libérale). Il remplace les six anciens réseaux de centres de formalités des entreprises. Toutes les démarches réalisées sur le guichet unique alimentent automatiquement le Registre National des Entreprises (RNE).
Faut-il rédiger des statuts pour créer une micro-entreprise ?
Non. La création et la gestion d'une entreprise individuelle, y compris sous le régime micro-entrepreneur, ne nécessitent ni rédaction de statuts ni capital social : une simple déclaration de début d'activité sur le guichet unique suffit, et elle est gratuite dans le cas général. C'est la différence structurante avec la création d'une société (SASU, SARL, SAS, EURL).
Quel est le capital social minimum pour créer une SASU ou une SARL en 2026 ?
L'article L223-2 du Code de commerce fixe le principe : le montant du capital d'une SARL est déterminé librement par les statuts, sans plancher légal imposé, ce qui permet en pratique un capital social symbolique à partir de 1 euro. Le même principe de liberté statutaire s'applique à la SASU et à la SAS. Un capital très faible reste toutefois un signal de solidité financière limité pour les partenaires (banques, fournisseurs), à arbitrer selon le projet.
Quelles sont les formalités obligatoires pour immatriculer une société (hors micro-entreprise) ?
Rédaction et signature des statuts par les associés, dépôt du capital social sur un compte bancaire bloqué, nomination du ou des dirigeants, publication d'un avis de constitution dans un support habilité à recevoir des annonces légales, puis dépôt du dossier complet sur le guichet unique de l'INPI. Ce dépôt déclenche l'immatriculation au Registre du Commerce et des Sociétés et au Registre National des Entreprises. Un récépissé de dépôt de dossier de création d'entreprise est délivré en attendant la confirmation officielle, valable un mois maximum.
Qu'est-ce que la déclaration des bénéficiaires effectifs et est-elle obligatoire ?
Le bénéficiaire effectif est la ou les personnes physiques qui détiennent, directement ou indirectement, plus de 25 % du capital ou des droits de vote d'une société. Cette déclaration est obligatoire pour toute société française depuis 2017 et doit être mise à jour à chaque changement. Elle représente 19,33 € TTC de frais de greffe lors de l'immatriculation. Les informations sont intégrées au Registre National des Entreprises tenu par l'INPI.
Une plateforme de création d'entreprise en ligne comme LegalPlace remplace-t-elle le guichet unique de l'INPI ?
Non, elle ne s'y substitue pas : une plateforme comme LegalPlace prépare le dossier (choix du statut juridique, rédaction des statuts, pièces justificatives) puis le dépose pour le compte du créateur sur le guichet unique de l'INPI, seul organisme habilité à immatriculer une entreprise en France. Le service facturé couvre l'accompagnement et la rédaction, pas les frais légaux obligatoires (greffe, annonce légale, bénéficiaires effectifs), qui restent dus dans tous les cas.
Sources : Le Guichet unique des formalités d'entreprises et le Registre national des entreprises (INPI) (consulté le 2026-08-13) · Création d'entreprise : formalités d'immatriculation d'une société (Entreprendre.Service-Public.fr) (consulté le 2026-08-13) · Création d'une société : rédaction et enregistrement des statuts (Entreprendre.Service-Public.fr) (consulté le 2026-08-13) · Entrepreneur individuel (EI) : ce qu'il faut savoir (Entreprendre.Service-Public.fr) (consulté le 2026-08-13) · Article L223-2 du Code de commerce, capital social de la société à responsabilité limitée (Légifrance) (consulté le 2026-08-13) · Les bénéficiaires effectifs d'une société (INPI) (consulté le 2026-08-13)
